Gestion du capital humain et intellectuel
Seule la victoire est belle ! Mais laquelle …

Au-delà du point, le même qui propulsa la France contre le Pays de Galle, en finale d’une coupe du monde de Rugby , la Nouvelle Zélande s’est illustrée, hier, comme une nation qui porta la victoire de l’Homme sur lui-même.
Nous n’oublierons surement pas ce petit pays où la terre trembla il y a 6 mois, qui a relevé le défi d’organiser une épreuve mondiale et en prime de la gagner. La terre a tremblé précisément là où des hommes allaient s’affronter ….. Je dirais plutôt se confronter, front à front, tête à tête ou contre tête.
Certains diront que seul le sport est capable de nous offrir de tels résultats, de telles émotions, de telles sensations, de telles pensées. Et pourtant tout y est contradictoire, tiraillé entre enjeu et jeu, entre collectif et individu, entre amour et haine, entre adversité et partenaire ou encore entre joueurs en mêlée sur le terrain et spectateurs mêlés dans les tribunes.
Ce qui fait probablement le socle de la liesse qui précède et qui suit le combat, avec ses sentiments antagonistes, c’est surement la différence subtile qu’il y a entre « se confronter » et « s’affronter ».
Un conflit tourne toujours à l’affrontement, la dramatique de la situation produit toujours une victime : Une personne, un groupe, un peuple qui perd, qui souffre, qui s’affaiblit, qui subit. Les réactions oscillent entre fuite ou attaque, agressivité ou inhibition, peur ou colère. Démission, démobilisation, dépression, soumission, rébellion sont alors les symptômes qu’il y a un processus de victimisation qui se déroule. Remonter à l’origine du conflit pourra alors être la démarche la plus appropriée. Elle nécessitera parfois d’importants moyens matériels ou humains pour réparer une situation qui aurait pu être prise sous l’angle de la confrontation.
A l’origine d’une divergeance, des informations, des valeurs, des visions participent à générer chez tout un chacun une opinion, une croyance voire une conviction. Si la première, comme une veste, est facile à changer pour les uns ou à retourner pour d’autres, la deuxième nous colle davantage à la peau, un peu comme une chemise que l’on aime bien, qui nous protège, nous habille et qui est pourtant utile de changer régulièrement, question d’hygiène ! Pour la 3ème, ça se corse parce qu’être convaincu qu’à porter une cravate, on sera plus convaincant, il y derrière une irrationalité ethnologique comme celle de porter la moustache.
C’est là que commence la confrontation, faire le tri entre ces 3 notions par la question de l’objectivité, de la précision, de l’information, du factuel. L’idée est de sortir de l’interprétation et du jugement de valeur, souvent source de conflit. Ensuite, la compréhension du sens, de la signification, c’est le début de la prise en compte de l’autre par la question de l’empathie. Le dialogue aidant, en tête à tête, on parle un langage de plus en plus commun, on rencontre l’autre sur ce qu’il vit, on échange sur ce qu’il veut, ce qui manque, ce qu’il attend de nous, de la situation et on essaye de trouver une entente. On reste mobilisé, acteur, en tension vers une mission qui peut même se partager.
En Rugby, les joueurs jouent des rencontres, transforment des essais, introduisent des mêlées, anticipent le jeu, s’entendent sur des règles communes, partagent des valeurs, se congratulent du résultat et sont tous convaincus d’être les plus forts. Quitte à impressionner les adversaires par une danse macabre, ils n’en restent pas moins une bande de sales garnements qui ont fait se déplacer des foules, les faisant converger pour s’unir, se mêler en spectateurs avertis ou néophytes dans une arène où la victoire fut belle pour l’Homme car n’ayant produit, en 6 semaines, aucune victime.
Les livres d’histoire du Rugby retiendront le score des All Blacks, champions du monde 2011. Les coeurs retiendront la joie, la tristesse, la colère, l’amour, la peur, la surprise, l’enthousiasme, l’envie, l’intention de tout le peuple du Rugby à travers le monde, à s’unir autour d’un idéal : Que la noirceur du maillot ne ternit pas la lumière des âmes de ces joueurs, tout au plus elle la contient pendant 80 minutes.
Pourquoi en serait-il autrement dans les entreprises, que chacun se libère, trouve son plaisir, laisse vivre ses émotions, apporte sa lumière, s’engage et au final puisse fêter ses victoires ?
Bravo les joueurs, Bravo le staff, bravo Marc Liévremont , 4 ans, 4 mois, 24heures de conférence de presse à se sentir vivant ! Et la moustache vous va si bien !